Le journal d'une mouche


La rencontre

(La mouche)
Je planais dans la vie, prônant la naïveté et l’intuition.
Je nageais à travers ma naïveté, honorant ce qui est bon.
Mes yeux, assoiffés d’avarice, ne manquaient aucune saveur sucrée.
Mes lèvres, désireuses d’un surplus, ne pouvaient qu’être tentées.

C’est alors que mon cœur convoita un envoutant trésor qui m’intéresse.
Un être grand et majestueux, entouré de bijoux, d’or et de promesses.
Ma crainte m’ordonnait à déguerpir! Mais mon corps rêvait de le chérir.
Dans un élan surnaturel, je plonge dans ce rêve aux apparences d’un désir.


(L’araignée)
De mon bain d’obscurité, je scrute de tous mes yeux chaque recoin.
En attente d’une croque sans défense, afin de m’apaiser et d’absorber.
Le temps brûle mon âme. Mon impatience me mord de faim.
Prêt à l’enlacer de mes huit pattes, avec un vrai mensonge prêt à dévorer.

Mais que vois-je ? Une étoile de curiosité qui vole vers moi?
Je me manifeste, avec mon panier rempli de fausses promesses.
De tous mes regards, tu ne peux y échapper, je t’ai vu et tu seras ma proie.
D’un geste majestueux, je te fais signe, priant une fausse déesse.


La séduction

(La mouche)
Je me pose sur ce tissu invisible où m’enlace toutes ces émotions.
Ligotée, ma peur s’endort et de mon cocon, éclot une passion.
De ses nombreux regards, je ne peux fermer l’œil, c’est le paradis.
De ses multiples étreintes, je ne peux m’enfuir, c’est ma nouvelle vie.

(L’araignée)
Posée sur ma prison de soie, elle boit le poison de mes mensonges en miel.
Hypnotisée par mes promesses transparentes, elle y voit l’arc-en-ciel.
Dans les pages de son cœur, j’y lis comme un érudit.
Je caresse chaque secret et fragilité, sachant comment on les détruit.

(La mouche)
Il est comme un printemps, faisant fuir l’hiver froid de mon cœur.
« Je t’aime, j’ai besoin de toi, je te donne corps et âme en échange du bonheur! »
Ignorant l’appréhension, je lui raconte la danse de ma vie.
La passion coule en moi, tel un ruisseau apaisant ma soif d’un amour abouti.

(L’araignée)
Elle est tel un buffet où je pourrai seul me servir, ignorant ses pleurs.
« Tu m’aimes ? Oui, aime-moi, laisse-moi te dévorer jusqu’au coeur. »
La couvrant de mon drap, jamais elle ne s’en ira.
L’envie brule mes pattes, tel un volcan agité. Ma pulsion vaincra.



La victimisation

(L’araignée)
Ta liberté a coupé les ficelles de mes fausses cicatrices.
Tes ailes projettent une ombre qui tranche mes puissantes pattes.
Ta curiosité t’éloigne de mon regard et en fait couler d’invisibles rivières.
Ta raison à menacé de quitter ma toile où tout est parfait et sous contrôle.


J’ai faim. Pourquoi TU ne m’apaises pas ?
TU dois faire quelque chose!
J’ai encore faim. Laisse-moi gouter tes petites ailes.
Je suis affamé, la vie me dévore sans rien me laisser.
J’ai faim, j’ai besoin de te chaire.
Poignarde l’égoïsme et vénère la générosité.
Laisse-moi dévorer ta liberté.
Laisse-moi savourer ta présence.
Laisse-moi te gouter…


(La mouche)
Je voulais simplement planer dans les nuages de la liberté, goûter les fruits de la connaissance, explorer les forêts de ma curiosité… Mais, Je n’ai point voulu écouter les paroles de ta puissante sagesse… Et maintenant, je grelotte le remords froid d’une absence regrettée.

Je suis idiote, imbécile, ingrate…               Qu’ai-je fais ?
                   …Je t’ai fissuré, telle une fragilité…
Fissuré…       Fendu…       Froid…       Fermé…                    Par ma faute.
Ta pureté fut maltraitée par Mes maladroites mains malicieuses…
  J’ai besoin de toi!!

            Parmi les insectes, tu es un ROI et moi une simple paysanne.
Grignote-moi les ailes autant que tu veux…
           Resserre tes pattes contre moi. Entoure-moi de ta douce couverture de soi…                        Je veux sentir la chaleur de ton duvet…
         Je veux sentir tes lèvres croquer en moi, être percée de ton regard de fée.
J’ai              besoin de              frissonner              du rêve que              tu me promets…
                        …Reviens, prends mon âme…
                                                …De tes ficelles, tisse ma vie, fais de moi ta marionnette…



La domination

(L’araignée)
Tu ne dois pas quitter ma toile.
Mes douces ficelles te tiendront au chaud.
Mes puissantes pattes te protègeront.
Tu dois apaiser mon âme et combler ma faim.
Ensuite, servir mes pulsions et me vénérer.
Finalement, te laisser croquer sans crier.
Je te dévore, je te savoure, je mords la chair de ton âme.
Ton âme qui est mienne. Tes mots sont mes mots.
Le malheur est de toi et le bonheur de moi.
Ma force savoure ta faiblesse.
Ton être m’alimente.
Laisse-moi te dévorer, je veux boire ton âme.


(La mouche)
Prête à endurer ses morsures, je lui offre mes ailes et ma chaire.
La mort guette son absence, les ombres me menacent.
J’ai trop besoin de lui, de sa chaleur, je dépends de lui.
Il est mon univers, mon eau de vie, ma foi, mon âme.
Ses mots sonnent vérité, rien d’autre n’importe.
Qu’il m’enchaîne à lui. Je lui appartiens.
Je suis à lui, à lui seul. Je l’aime.
Je ne suis rien sans lui.
Je ne suis rien.
Je ne suis
Rien.


Prête à endurer ses morsures, je lui offre mes ailes et ma chaire.
La mort guette son absence, les ombres me menacent.
J’ai trop besoin de lui, de sa chaleur, je dépends de lui.
Il est mon univers, mon eau de vie, ma foi, mon âme.
Ses mots sonnent vérité, rien d’autre n’importe.
Qu’il m’enchaîne à lui. Je lui appartiens.
Je suis à lui, à lui seul. Je l’aime.
Je ne suis rien sans lui.
Je ne suis rien.
Je ne suis
Rien.



La violence

(L’araignée)
Insecte sans valeur, larve trop curieuse.
Comment oses-tu laisser vivre ma faim?
Comment oses-tu couler mes larmes?
Pourquoi cherches-tu à quitter le nid tissé ?
Je suis le roi et tu n’es qu’un insecte.
Sans moi, les ombres t’enlèveront.
Sans moi, le froid te dévorera.
Range ces misérables ailes et retourne sous ma couverture.
Tais-toi et sois savourante, idéale et désirable.
Ne parle plus et ouvre ta chaire, laisse-moi te dévorer.
Laisse-moi t’absorber et tu auras de belles promesses.


(La mouche)
                            Mes ailes sont fissurées…             Mon corps baigne dans le ruisseau d’une méchanceté culpabilisante…
                                       Sa chaleur chassait l’hiver,                 …mais apportait l’enfer…
          Ses paroles se buvaient comme l’eau d’une source,
                                                        …mais agissaient tel un poison
Ses puissantes pattes m’enlaçaient… mais m’écrasaient, m’étouffaient…
                                    Mon amour est son arme et mes larmes sont sa clé…
                                            Il plonge dans mes secrets et faiblesses.
                                                  Tel un affamé dans un buffet,
                                                       il se sert encore et encore.
                                                            Encore… et encore…


Je dois fuir…


(L’araignée)
« De belles paroles toutes faites »
Oh amour de toujours, les roses sont rouges et les violettes sont bleues. Pardonne-moi ! Mes paroles ont dépassé ma pensée. Mon âme sœur, je ne peux vivre sans toi, car je (ne) t’aime (pas) ! Reviens-moi, je te promets que je (ne) changerai (pas). Tu es toute ma vie, je m’en veux et si j’ai paniqué, c’est car je ne veux pas te perdre. Mon amour, pardonne-moi.


La libération

(La mouche)
Abîmées, mes ailes tentent de battre vers les couleurs de la liberté.
              Ses pattes tentatrices et sa merveilleuse toile tentaient de me refaire tomber.
Mais je dois résister et dans mon propre cocon je vais renaitre.
                 Marqué à vie je serai, mais ce poison, mon cœur a appris à le reconnaitre.
                        Malgré les brûlures, un nouvel antidote j’ai acquis.

Mes ailes et mon cœur restent marqués.
Mais ma peau est plus fortifiée.
Je plane sans me retourner, voulant oublier le supplice de mon cœur.
Libre dans la nature je suis, vers l’inconnu je vole, accompagnée d’une petite lueur.
Savourant à nouveau les saveurs fruitées de la vie.


(L’araignée)
Ce misérable insecte m’a abandonné. J’aurais dû la dévorer bien avant.
Une nouvelle toile je dois tisser et cette fois, plus rigide qu’avant.
Les insectes sont tous les mêmes, frivoles, naïfs et indomptables.
Moi, de mes huit pattes, je suis un Roi parmi eux, sans aucun égale semblable.


De mon bain d’obscurité, je scrute de tous mes yeux chaque recoin.
En attente d’une croque sans défense, afin de m’apaiser et d’absorber.
Le temps brûle mon âme. Mon impatience me mord de faim.
Prêt à l’enlacer de mes huit pattes, avec un vrai mensonge prêt à dévorer.

Mais que vois-je ? Une étoile de curiosité qui vole vers moi?
Je me manifeste, avec mon panier rempli de fausses promesses.
De tous mes regards, elle ne peut y échapper, je l’ai vu et elle sera ma proie.
D’un geste majestueux, je lui fais signe, priant une fausse déesse.



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