On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs


L'été touchait à sa fin et les feuilles commençaient à décorer le paysage de leurs splendides couleurs. Un autre maire avait été élu et la ville pouvait désormais se lancer vers un nouveau départ. De son côté, le duo de mercenaires devenait de plus en plus apprécié et obtenait régulièrement du travail. Le dernier contrat du jeune garçon consistait à aider Julia, une jeune sans-abri à se trouver un logis. De nature généreuse, Tofer accepta de l'héberger chez lui le temps qu'elle se déniche un domicile officiel. À force de se côtoyer chaque jour, les deux finirent par tomber amoureux. Beetho de son côté adorait taquiner son maître. Il s'amusait à raconter à Julia une multitude d’anecdotes embarrassantes au sujet de Tofer. Cela se résultait par une poursuite, où le chien s’avérait trop rapide pour le jeune homme. Mais plus le temps passait, plus Beetho se faisait mettre de côté et cela commençait à le rendre jaloux. Son appréciation Julia diminuait et prit officiellement fin lorsque le mercenaire proposa à son amoureuse de l’accompagner à sa place dans son prochain travail.

Celle qui avait demandé les services de Tofer n'était nulle autre que l'une de ses grandes amies: Marie-Claude. La jeune fille était reconnue pour confectionner les meilleurs repas à l'aide de ses patates cultivés avec amour: de la purée de patates, des frittes aux patates, des croquettes aux patates, de la tarte aux patates, des raviolis aux patates, etc. Celle-ci eut recours à Tofer parce qu'elle se faisait régulièrement voler des provisions depuis quelques semaines et voulait attraper ce voleur le plus vite possible. Malgré sa volonté à remplir son devoir, Tofer était toujours retenu à domicile par son amoureuse, ce qui énervait particulièrement Beetho. Il vit que son maître n'osait pas la contredire et décida alors d'aller enquêter seul pendant la nuit. Au cours de sa balade nocturne, il réalisa que quelqu’un d’autre se trouvait dehors à cette heure : il s’agissait de Julia. Sans se faire remarquer, le canin la suivit en espérant découvrir quelque chose à lui reprocher. Son sourire grandit au même rythme que sa satisfaction quand celui-ci l’aperçut en train de voler le commerce de Marie-Claude.

Le chien courut à toute vitesse jusqu'à son maître et le renversa de son lit afin de bien le réveiller. Sans attendre, il lui raconta tout, mais Tofer refusait de croire Beetho, persuadé qu'il était simplement jaloux. Cependant, il réalisa que le canin disait vrai quand il surprit son amoureuse entrée en douce avec un gros sac rempli de patates. Il resta sans mot, encore plus quand Julia fondit en larmes, prétendant qu'elle manquait d'argent. Tofer la prit dans ses bras et prétendit la comprendre. Beetho grimaça et partit dans son coin, dégoûté de la situation. Le jeune homme ne savait pas quoi choisir. Il resta quelques jours à réfléchir et hésitait entre protéger quelqu'un ou suivre ses convictions. Complètement incapable de décider, son chien trancha à sa place et révéla tout à Marie-Claude. La culpabilité le rongeant beaucoup trop, Tofer craqua et approuva le canin dans ses dires. Julia se sentait trahis et frustrée, alors elle rompît avec Tofer et lui colla une bonne gifle. Son amie se montra sévère aussi, mais étant satisfaite de retrouver ses patates, elle lui pardonna. Bien entendu, uniquement Beetho récolta la somme d'argent. Le jeune chien ne se priva pas de narguer son maître, qui lui, se jura de suivre ses convictions lors de ses futures décisions et d’accepter le fait qu'elles ne plaisaient pas à tout le monde.





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