Chien qui aboie ne mord pas


« Je vais te tuer et faire cuire ton chien. » À ses mots Beetho leva brusquement la tête en direction de son maître, qui tenait une lettre de menaces. Le canin le fixa de son regard rond comme des billes, la bouche grande ouverte et figée, incapable de produire le moindre son. « Arrête de me regarder comme ça, on dirait que tu es empaillé. » Dit Tofer à son chien, toujours entrain d’observer le bout de papier annonciateur de malheurs. « Tais-toi! C'pas toi qui sera cuit et mangé avec des p'tits légumes j'te signale. » Répliqua le canin. Le jeune homme soupira et garda son silence quelques secondes, puis un petit sourire naquit sur son visage. « Te manger avec des petits légumes? C'est n'importe quoi. Les chiens ça se mange avec une bonne salade César, voyons. » Tofer rit un peu, puis Beetho grogna : « C'pas drôle! » Le chien essaya de bondir sur son maître, mais celui-ci esquiva et l'animal fonça dans le mur.

Une voix chantante se mêla à la conversation, accompagnée d'un petit air de guitare : « N'ayez point peur les amis. Ne tenez pas ces mots pour acquis. C'est peut-être une mauvaise blague, de celui qui les a écrit.~ ». Il s'agissait de Cédric, un ami de Tofer, en séjour chez lui. Passionné de chanson, il traîne en tout temps son instrument de musique et ne rate aucune occasion de fredonner un peu. Ses paroles rassurantes finirent par triompher sur les inquiétudes de Tofer : « Tu as sans doute raison. Tant qu'il n'arrive rien de grave, on n'a pas à s'en faire. » Le chien, toujours pas rassuré, répliqua aussitôt : « Non, il vaut mieux prévenir que guérir moi je dis... » « Certes Beetho, mais pour le moment on n'a aucune piste, alors on ne peut qu'attendre et voir. » Répondit Tofer, qui garda son calme. Le reste de la semaine se déroula sans trop de stress, mis à part Beetho qui se tenait loin de tous les marchands de salade du village. Le jeune mercenaire, n'ayant reçu aucune autre lettre de menaces, avait presque oublié son existence. Et Cédric mettait beaucoup d'ambiance avec ses morceaux de guitare et ses chants poétiques. Mais l’harmonie fut rapidement poignardée par une seconde lettre inquiétante, qui se logea dans leur boîte aux courriers.

« Je vais brûler ta maison et empailler ton chien! » Tofer resta figé devant le bout de papier, ne sachant pas s'il devait prendre cela au sérieux. De son côté, Beetho était dans un coin de la pièce et marmonnait : « Quelle horreur! C'message vient probablement d'un grizzly psychopathe et satanique! » Le jeune homme regarda son chien d'un air exaspéré, mais avant même qu'il pût prononcer un mot, Cédric entra dans la demeure et tenait un individu grand et mince par le bras. « Regardez qui j'ai surpris à roder, comme à chaque matin, près de ton entrer. Par contre cette fois-ci, une lettre il y a déposé. De s'en aller il a essayé, mais trop tard je l'ai attrapé.~ » L’intrus essaya de fuir, mais sans résultat. Tofer s'avança vers l'auteur de la lettre. « Alors, c'est toi qui m’envoies tout ces menaces. Maintenant, essaie donc de mettre le feu pour voir. » Beetho, plus confiant, s'approcha aussi. « Et bien, tu ne fais pas peur du tout toi. Hahaha! » L'intrus grimaça aussitôt et les insulta de tous les noms, réussit à se libérer, mais s’enfuit sans causer le moindre dégât. Les trois le regardèrent partir, un sourire rassuré aux lèvres. Depuis cette mésaventure, Tofer se jura de ne plus prendre ce genre de menace au sérieux tant qu'il ne se soit rien passé de grave.





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