Une faute avouée est à moitié pardonnée


Cher journal. Depuis une multitude de jours, le peuple des environs parle régulièrement d'un dénommé Tofer. Un jeune homme souriant, serviable et bienveillant. Accompagné de son chien, il offre de son précieux temps pour combler les besoins de notre chère citée. De nature curieuse, je ne peux m'empêcher de savourer les récits de mon voisinage afin de combler ma soif de réponses au sujet de cet homme. Me fiant aux merveilleux murmures des potins, j'ai très envie de le rencontrer. Mais, quel important service Lara (moi), une fille de bourgeois, peut lui demander? Comme je ne veux point lui coûter inutilement du temps, j’attends de trouver la tâche idéale avant de faire appel à son prodigieux talent. Je vais essayer de ne pas y penser, c'est toujours dans ces moments que fleurissent les meilleures idées.

Cher journal. L’opportunité idéale s'est enfin manifestée. Moi et ma famille devons nous absenter pour quelques jours. J'ai proposé à mes parents qu'il faudrait idéalement trouver quelqu'un pour garder un œil sur notre demeure. Personne n'est à l'abri des voleurs de nos jours. Devine à qui j'ai pensé. Oui, j’obtenus enfin le privilège de converser avec lui. Les gens de la cité disaient vrai, ce jeune homme s’avère quelqu'un de plus que respectable. Je n'ai rarement vu un homme offrir autant d'écoute, de générosité et de douceur. Par contre, son chien s’exprime de façon légèrement cru et ne semble ressentir aucun remord à embarrasser son maître avec ses nombreuses taquineries. Mais cela dit, il n'est pas méchant. Je suis tellement ravi de les avoir rencontrés, malgré ma timidité, je n'ai pas trop gaffé cette fois-ci. D’ailleurs, ils ont accepté ma demande avec leurs plus sincères sourires.

Cher journal, me voilà enfin de retour à domicile. Quel séjour mémorable, mais ce n’était point le cas de mes deux gardiens. Nous étions sous le choc d'apprendre qu'un incendie a eu lieux dans la maison. Tofer et Beetho m'ont décrit les événements comme un malheureux accident hors de leur contrôle, qui s’est produit durant la nuit. Deux délinquants se seraient introduits dans notre domicile à une heure tardive et auraient mit le feu à la cuisine. Pendant leur récit, Tofer n'osait aucunement me regarder dans les yeux, c'est un peu étrange. Les dégâts s'avèrent plutôt grands. À en juger l'horrible trou au mur, j'aurais juré que quelque chose ait explosé. Je me doute qu'ils ont quelque chose à voir là-dedans et cela m'est fort dommage qu'ils aient menti. Mais ce serait très impoli de les accuser sans preuve...

Cher journal. Tofer est venu me rendre visite ce matin. À vrai dire, il m'a présenté ses excuses et m'a tout avoué. Le jeune homme m'expliqua comment l’incendie s'était réellement déclenché. Il n'y a eu aucun voyou finalement. À vrai dire, les deux s'amusaient simplement à cuisiner toute sorte de choses et cela, sans faire attention. L'une de leurs confections a alors très mal tourné et causa une explosion. Je pouvais facilement lire l'honnêteté et le regret dans le regard de Tofer. Il proposa même de rembourser les dégâts et de nous aider à réparer. Il s'excusa une bonne dizaine de fois. C'était adorable et je ne pus me retenir de le serrer très longuement dans mes bras pour le rassurer. Voir d'aussi sincères efforts m'a réchauffé le cœur. Je ne pus lui en vouloir plus longtemps. D’ailleurs, depuis ce jour, il se jura d'avouer ses fautes et de recourir à l’honnêteté le plus souvent possible.





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